Comme annoncé précédemment, nous avons déposé un recours devant le tribunal administratif de Rennes contre la délibération du conseil départemental du 18 décembre 2023, actant la fermeture du collège Pier An Dall de Corlay, recours déposé par notre avocate maître Pauline Désert.
Par ce recours, nous contestons la façon dont a été prise cette décision, estimant que l’information des conseillers départementaux n’a pas été complète, et mettons également en évidence les nombreux éléments permettant de dire qu’il y a eu erreur manifeste d’appréciation de la situation, qu’il s’agisse de l’argument démographique, quand le collège de Corlay est quasiment le seul du département à connaître une perspective de hausse dans un contexte d’effondrement de la démographie collégienne partout ailleurs, ou de celui de la petite taille de l’établissement « affectant de ce fait, irrémédiablement l’offre et la qualité pédagogique du service public proposé » sans qu’aucun élément tangible vienne jamais étayer cette affirmation (en dehors du fait qu’aucun élève n’y ait dernièrement choisi l’allemand deuxième langue, ce qui est un peu court pour argumenter la fermeture d’un établissement scolaire). L’erreur manifeste d’appréciation est particulièrement flagrante quand le choix est fait de construire un collège neuf d’une capacité de 200 élèves mais n’ayant vocation à en accueillir que 100 ou 120, à près de 10 millions d’euros, sans avoir étudié aucune des différentes alternatives, bien moins coûteuses et dimensionnées au territoire. Rien de surprenant à cela, puisque ce qui a été fait l’a été de façon autoritaire et descendante par une poignée de décideurs en position de pouvoir, sans jamais entendre et réfléchir avec les populations concernées, sans étude de terrain, sans débat.
Pour faire passer cette décision inique, l’exécutif départemental s’est appuyé sur les services départementaux de l’éducation nationale, le DASEN venant en session plénière expliquer que ses services accompagneraient le collège de St Nicolas du Pelem après la fermeture de celui de Corlay. Ces promesses répétées d’« accompagnement », toujours aussi floues, ont été prises pour argent comptant par des conseillers départementaux trop heureux de trouver ainsi un arrangement avec leur conscience : ils agissaient « pour le bien des enfants », leur collège bas de gamme remplacé par « l’Egalité Des Chances ».
Puisque cette urgente mission de sauvetage de nos enfants doit commencer dès septembre 2024, nous sommes allés voir le DASEN pour en savoir plus. Reçus en audience ce début de semaine, nous avons pu poser des questions précises : combien d’années les 8 classes sont-elles garanties à St Nicolas du Pelem ? A partir de combien d’élèves par niveau ? Quels moyens supplémentaires ont été prévus pour la rentrée 2024 ?
La réponse a été très claire : aucun engagement au-delà de la rentrée 2024 sur les 8 classes, aucun engagement sur le nombre d’élèves pour une deuxième division par niveau, si ce n’est « pas à 22 », et à 25 « il faut voir ». Aucun moyen supplémentaire prévu pour la rentrée 2024, et s’il devait en être alloués plus tard, ce serait prioritairement pour la mise en place des groupes de niveaux en maths et français.
A la question des prévisions d’effectifs et donc du nombre de classes à partir de la rentrée 2028, là où nous savons qu’il y aura une grosse baisse sur le secteur de St Nicolas, il nous a été dit que c’était le travail du conseil départemental de s’en préoccuper, mais que l’éducation nationale ne faisait pas d’étude à 4 ans.
Pour justifier cette absence totale d’engagement concret, le DASEN nous a expliqué que si actuellement, le président de la république et le premier ministre font de l’école une priorité absolue et y mettent de très gros moyens, rien ne garantit que cette profusion de moyens perdure, et donc les arbitrages départementaux futurs pourraient conduire à d’autres priorités que le collège de St Nicolas du Pelem.