Communiqué intersyndical

Le 25 mai dernier, le vice-président du Conseil Départemental en charge des affaires scolaires a annoncé la fermeture du collège public Pier An Dall de Corlay pour la rentrée 2024. La construction d’un collège neuf à Saint-Nicolas promise d’ici 4 ans peut sembler un argument, mais que se passera-t-il pour les effectifs pendant la période de reconstruction ?
Cette décision de fermeture a été prise sans consultation des organisations syndicales, des organisations de parents ni des élu.es concerné.es, et nous savons que les réelles raisons sont budgétaires. Alors que l’Académie de Rennes supprime 42 postes d’enseignant.e.s des collèges et lycées à la rentrée 2023 et que les problèmes de remplacements touchent tous les établissements scolaires, la fermeture du collège de Corlay est juste un moyen pour « boucher les trous » ailleurs. Le discours qui présente les petits établissements comme pédagogiquement moins dynamiques et les petits effectifs comme un frein à la stimulation des élèves ne repose sur rien. Il est un outil de langage classiquement utilisé pour dévaloriser les établissements scolaires que l’institution veut fermer pour réaliser des économies d’échelle.
De plus, en tant que modification du nombre de collèges du département, cette fermeture doit être présentée en CDEN avant de pouvoir être votée par la représentation départementale. Il est obligatoire que les arguments qui motivent cette décision, et les mesures qui l’accompagnent, soient exposés et débattus en toute transparence.
La fermeture d’un collège ne peut être fondée sur des arguments budgétaires notamment quand elle remet en cause l’accès de toutes et tous au service public d’éducation de proximité dans une commune rurale, ce qui est le cas.
Fermer le collège de Corlay au cœur de la vie du bourg, ce sera mettre en danger rapidement la commune.
Éloigner un établissement public d’enseignement des familles allongera les temps de transport, diminuera l’autonomie des élèves, fragilisera la démographie rurale, aggravera les difficultés des conditions d’enseignement et d’apprentissage, et risque de fragiliser encore davantage le réseau public d’éducation au bénéfice de celui du privé.
Nous affirmons la nécessité de garder et défendre toutes les classes, les écoles, les collèges et lycées publics du département et réclamons partout les moyens nécessaires, notamment pour limiter les déplacements motorisés et les classes surchargées.
Aussi, nous exigeons le maintien du collège à Corlay.

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